Climat social tendu : 7 conseils pour apaiser son anxiété et préserver son équilibre émotionnel

Par Sandra Bois, hypnothérapeute et sophrologue à Issy-les-Moulineaux (Paris 15)
En bref
Se sentir tendu.e, irritable ou fatigué.e en période de tension collective est une réaction humaine, même quand on n’est pas directement concerné.e
Ce qui épuise le plus, ce n’est pas toujours l’actualité elle-même : c’est la boucle " je m’informe, je m’inquiète, je vérifie encore "
On peut rester informé.e sans s’épuiser : 7 gestes simples, dont un exercice d’ancrage de 3 minutes à pratiquer dès ce soir
Si l’inquiétude s’installe, en parler à un professionnel de santé est une bonne démarche

Vous allumez la télévision " juste pour savoir " puis, vous parcourez les réseaux sociaux quelques minutes, vous lisez un commentaire qui vous met en colère, une vidéo qui vous indigne et une autre information qui en appelle encore une autre.
Bref, vingt minutes plus tard, vos épaules sont tendues ou votre mâchoire est serrée et votre esprit continue de tourner alors que vous aimeriez simplement retrouver un peu de paix intérieure.
Si cela vous parle, sachez que vous n’êtes " ni fragile ni trop sensible "
Vous réagissez, comme beaucoup de monde, à une atmosphère collective chargée.
Dans cet article, je vous propose de comprendre ce qui se passe en vous quand le climat social pèse sur votre moral, puis de découvrir des gestes concrets pour vous détendre, sans vous couper du monde ni vous forcer à " positiver "
Pourquoi le climat social pèse t'il autant sur notre équilibre émotionnel ?
Dans ce climat de tension collective, on ne peut rester indifférent. Les conversations de nos proches, les réactions des personnes croisées dans la journée, les images diffusées en continu forment l’atmosphère dans laquelle nous vivons. Sans en avoir conscience, nous devenons plus vigilant.es, plus irritables, plus préoccupé.es
Depuis la mi-septembre, des lycéens et des étudiants se mobilisent pour de meilleures conditions d’études. Le samedi 17 octobre, des cortèges contre la vie chère ont rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs villes de France, avec des violences en marge de certains défilés. Quelle que soit votre opinion, ce contexte peut résonner en vous.
D'ailleurs, les chiffres le montrent. Selon la dernière enquête électorale de la Fondation Jean-Jaurès (début octobre), 59 % des Français citent l’inquiétude parmi les sentiments qui décrivent leur état d’esprit, et 51 % l’incertitude.
Et cette incertitude joue un rôle central. En effet, quand nous ne savons pas ce qui va se passer, l’esprit cherche à anticiper : il imagine des scénarios, tente de prévoir le pire pour se sentir préparé. Cette anticipation censée nous protéger, nous maintient en réalité dans l’attente d’un danger possible.
Le corps suit alors : sommeil plus léger, raideurs dans la nuque et les épaules, une fatigue inhabituelle, difficultés de concentration, irritabilité, boule au ventre...
Ces signes ne veulent pas dire que « quelque chose ne va pas chez vous ». Ils disent que la situation prend beaucoup de place, et qu’il est temps de prendre soin de vous.
Et quand les soucis extérieurs rejoignent des préoccupations personnelles (un enfant lycéen ou étudiant, un budget fragile, une période déjà éprouvante), la charge devient plus lourde encore
Pourquoi continue t'on à consulter l’actualité alors qu’elle nous angoisse ?
Parce que depuis la nuit des temps, notre cerveau cherche à se rassurer, à nous protéger d'un éventuel danger. Face à une inquiétude, il pense : " si j’en sais plus, je serai plus tranquille ".
On lit donc une information, puis les réactions qu’elle suscite, puis on revient quelques minutes plus tard voir si la situation a évolué.
Mais chaque nouvelle information apporte souvent de nouvelles questions, de nouvelles images, de nouveaux motifs d’inquiétude. C’est une boucle insidieuse : inquiétude, vérification, soulagement très bref puis nouvelle inquiétude.
Les réseaux sociaux amplifient ce mécanisme : les contenus qui déclenchent des émotions fortes retiennent plus longtemps notre attention, et l’on passe d’une information préoccupante à une autre sans véritable pause.
La fatigue informationnelle est d’ailleurs bien réelle. D’après l’étude " L’exode informationnel " (Fondation Jean-Jaurès, L’ObSoCo, Arte), 54 % des Français se disent fatigués de l’information, et 70 % ont le sentiment de la subir plutôt que de la choisir.
La bonne nouvelle : comprendre cette boucle, c’est déjà en sortir.
Il y a une vraie différence entre vouloir comprendre ce qui se passe et ressentir le besoin de vérifier sans cesse. Se préserver ne signifie pas se désintéresser du monde : cela signifie choisir comment, quand et dans quelle mesure on s’informe.
Votre disponibilité émotionnelle n’est pas illimitée et vous avez le droit de la protéger.
Comment apaiser son anxiété face à l’actualité : 7 conseils concrets
Nous ne pouvons pas toujours agir sur le contexte extérieur, mais certains ajustements aident à retrouver des repères. L’objectif n’est pas de ne plus rien ressentir car cela est impossible mais plutôt ne pas laisser l’inquiétude occuper tout votre espace mental.
J’ai classé ces astuces par moment de la journée, pour que vous puissiez piocher ce qui vous convient et ce qui est le plus efficace pour vous
Sur le moment quand la tension monte
1. Relâchez votre corps en 60 secondes
Quand les pensées s’accélèrent, on essaie souvent de les contrôler, en vain. Il est plus efficace de commencer par le corps.
Relâchez vos épaules, desserrez la mâchoire, puis inspirez par le nez et expirez lentement par la bouche, comme si vous souffliez sur une bougie, en laissant l’expiration durer un peu plus longtemps que l’inspiration.
Répétez trois ou quatre fois, sans forcer. Terminez en posant votre regard au loin, sur un point fixe, quelques secondes.
2. Pratiquez l’ancrage en 3 minutes
Cet exercice simple, inspiré de la sophrologie aide à revenir à l’instant présent quand on se sent submergé.e
Étape 1 : sentez vos appuis. Asseyez-vous sur une chaise, les pieds bien à plat. Sentez le contact de vos pieds avec le sol, de votre dos avec le dossier, et laissez vos mains reposer sans tension sur vos cuisses.
Étape 2 : observez votre respiration. Sans chercher à la contrôler, remarquez l’air frais qui entre par les narines et le souffle tiède qui ressort. Si c’est confortable, laissez l’expiration s’allonger un peu, sans forcer ni retenir votre souffle.
Étape 3 : revenez à vos sensations. Regardez autour de vous et nommez : 5 choses que vous voyez, 4 choses que vous touchez, 3 sons que vous entendez, 2 choses que vous sentez et 1 chose que vous goûtez.
Étape 4 : observez ce qui change. Demandez-vous simplement : « Comment est ce que je me sens maintenant ? »
Pas besoin d’atteindre un calme parfait : s’accorder une pause et ramener l’attention au moment présent suffit parfois à interrompre, un instant, le flot des pensées.
Si se concentrer sur la respiration vous gêne, revenez à une respiration naturelle et gardez l’attention sur ce qui vous entoure.
Dans la journée pour reprendre la main sur votre attention
3. Choisissez vos moments pour vous informer
Plutôt que de consulter l’actualité dès que votre téléphone vibre, fixez vous un ou deux rendez-vous par jour, à des horaires qui n’empiètent ni sur votre sommeil ni sur vos temps de repos. Évitez de commencer la journée par des images anxiogènes ou de suivre les nouvelles juste avant de vous coucher.
Désactivez certaines notifications et laissez le téléphone de côté pendant les repas.
Ces changements semblent modestes, mais ils vous permettent de reprendre progressivement la main.
4. Posez-vous deux questions
Avant de cliquer sur une vidéo, de lire un commentaire ou de partager une publication, demandez vous :
Cette information m’aide t-elle à comprendre la situation, ou nourrit elle surtout mon inquiétude ?
Si j’avais le choix entre regarder ces informations et prendre du temps pour moi, qu’est-ce qui serait le plus juste à ce moment précis ?
Même si vous ne pouvez pas agir à l'instant T sur l’évolution d’une situation sociale ou politique, vous pouvez choisir les informations que vous consultez, l’organisation de votre journée, les personnes avec qui vous échangez et la protection de votre temps de repos.
Il ne s’agit pas de nier les difficultés, mais de retrouver, là où c’est possible, une marge de choix qui vous appartient.
5. Posez des limites aux conversations qui vous épuisent
Les tensions sociales se retrouvent également dans nos relations : au travail, entre amis, au repas de famille. On peut tenir à ses convictions, vouloir comprendre les autres et ne pas être d’accord, sans devoir poursuivre chaque débat. Vous pouvez dire par exemple :
" Je comprends que ce sujet soit important pour toi. De mon côté, j’ai besoin de faire une pause dans cette discussion "
" Ce soir, j’aimerais que nous parlions aussi d’autre chose, s'il te plait "
Poser une limite ne signifie pas rejeter l’autre. C’est reconnaître qu’une discussion n’est pas toujours constructive, et que votre équilibre compte aussi.
Le soir pour passer en mode repos
6. Créez un sas de décompression en fin de journée
Il est difficile de passer directement de l’agitation au repos. Offrez-vous une transition : éteindre les écrans un peu plus tôt, prendre une douche chaude, écouter de la musique, lire quelques pages, écouter une méditation, faire quelques respirations profondes.
Et si les nouvelles vous préoccupent encore au moment du coucher, notez sur un carnet tout ce qui vous traverse l’esprit cela permet à votre mental de se décharger et favorise l’endormissement.
Pour faire de ce moment du soir une vraie parenthèse de douceur, j’ai créé le Carnet Sérénité :
57 pages à imprimer, avec des exercices simples et des rituels du soir, à remplir à votre rythme, sans pression.
Et toujours
7. Ne restez pas seul(e) avec ce que vous ressentez
On a tendance à minimiser son inquiétude, à se dire que d’autres vivent pire. Pourtant, vous n’avez pas besoin de comparer votre souffrance à celle des autres pour prendre vos émotions au sérieux. En parler à une personne de confiance aide à mettre des mots sur ce que l’on ressent.
Prendre soin de soi n’est pas un luxe réservé aux périodes où tout va bien, c’est aussi une manière de traverser les périodes difficiles avec plus de recul.
Quand demander un accompagnement ?
Il peut être utile de demander de l’aide si l’inquiétude s’installe durablement, si votre sommeil se dégrade, si vous avez du mal à vous concentrer ou si elle pèse sur vos relations et votre quotidien. Un professionnel de santé (votre médecin traitant, par exemple) pourra vous aider à évaluer ce que vous traversez et vous orienter.
Si vous ressentez une détresse importante, n’attendez pas que la situation s’aggrave.
Hypnose et sophrologie : se faire accompagner face au stress et à l’anxiété
Quand les tensions extérieures prennent beaucoup de place, il peut être difficile de retrouver seul.e un espace de calme.
En tant qu’hypnothérapeute et sophrologue, j’accompagne des personnes qui souhaitent mieux comprendre leurs réactions, apaiser les manifestations du stress et prendre du recul face aux pensées envahissantes.
La sophrologie propose des exercices de respiration, de détente corporelle et d’attention aux sensations : des outils que vous pouvez ensuite réutiliser en toute autonomie au quotidien
L’hypnose permet de travailler sur certaines réactions émotionnelles pour les apaiser et développer de nouvelles ressources pour un quotidien plus serein
Ces approches ne changent pas les événements extérieurs et ne garantissent pas la disparition de l’anxiété.
Elles peuvent en revanche constituer des pistes pour mieux vivre cette période, en complément d’un suivi médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.
Il ne s’agit pas de vous demander de penser positivement ni de vous désintéresser du monde, mais de chercher avec vous ce qui peut vous aider, afin de ressentir un peu plus de calme et sécurité intérieure.
Si vous avez l’impression d’absorber les tensions autour de vous, de porter les inquiétudes de vos proches ou de ne plus parvenir à décrocher de l’actualité, vous pouvez prendre le temps d’en parler lors d’un appel découverte gratuit de 15 minutes.
Pour avancer pas à pas, à votre rythme, je vous propose le Parcours Sérénité :
5 séances d’hypnose et de sophrologie pour apaiser l’anxiété et retrouver un quotidien plus serein, à votre rythme.
Je vous accueille dans mon cabinet à Issy-les-Moulineaux (92130), à proximité de Paris 15
Questions fréquentes sur l’anxiété face à l’actualité
Est-il normal de se sentir anxieux ou anxieuse face à un climat social tendu ?
Oui. Les tensions collectives, l’incertitude et l’exposition répétée à des informations préoccupantes peuvent susciter du stress, de l’inquiétude ou de l’irritabilité.
Ces réactions varient selon les personnes. Si elles deviennent persistantes ou perturbent votre quotidien, ne les minimisez pas.
Comment arrêter de penser constamment aux mauvaises nouvelles ?
Il n’est pas toujours possible d’empêcher une pensée de surgir. Vous pouvez en revanche agir sur ce qui l’alimente : limiter les consultations répétées, désactiver certaines notifications, prévoir des moments sans écran et revenir à une activité concrète.
Si les pensées restent envahissantes, un accompagnement peut vous aider à les mettre à distance.
Comment se protéger des informations anxiogènes sans se couper du monde ?
Choisissez des sources fiables, fixez vous un ou deux moments précis pour vous informer et évitez de suivre les informations en continu.
Vous pouvez rester au courant de l’essentiel sans suivre chaque commentaire, chaque vidéo ou chaque réaction.
Quels exercices de sophrologie peuvent aider à apaiser le stress ?
Des exercices simples de respiration (comme la cohérence cardiaque) ou de relâchement musculaire peuvent contribuer à diminuer la tension ressentie chez certaines personnes.
Ils doivent rester adaptés à votre confort et ne remplacent pas une prise en charge professionnelle lorsqu’elle est nécessaire.
L’hypnose peut-elle aider à gérer l’anxiété liée à l’actualité ?
Elle peut être proposée dans le cadre d’un accompagnement visant à travailler sur certaines réactions émotionnelles, les pensées envahissantes et le lâcher prise.
En cas d’anxiété importante ou persistante, un professionnel de santé pourra vous orienter vers une prise en charge adaptée.
Quand faut-il consulter pour son anxiété ?
Si l’anxiété perturbe durablement votre sommeil, votre concentration, vos relations ou vos activités, il est pertinent d’en parler à un professionnel de santé. En cas de détresse importante, n’attendez pas.
À propos de l’autrice
Je suis Sandra Bois, hypnothérapeute (formée à l’IFHE), sophrologue certifiée RNCP et praticienne PNL. J’accompagne les personnes confrontées au stress, à l’anxiété, au burn-out, à la perte de confiance en soi ou aux troubles du sommeil.
Je vous reçois à Issy-les-Moulineaux (92130), à proximité de Paris 15.
Pour en savoir plus : h-etre.fr
Cet article est proposé à titre informatif et ne remplace pas un avis médical ou psychologique. En cas de symptômes importants, persistants ou de détresse, rapprochez vous d’un professionnel de santé.


