Stress en vacances : pourquoi vous n'arrivez pas à décompresser (et comment enfin lâcher-prise) ?
- Sandra BOIS

- il y a 2 jours
- 9 min de lecture
Par Sandra Bois Hypnothérapeute & Sophrologue à Issy-les-Moulineaux (92130)
Ah, les grandes vacances ! Ce moment qu'on attend avec tellement d'impatience.
On les a rêvées, désirées pendant des mois en se disant : "Vivement les vacances, ça va faire du bien, je vais enfin souffler."
La carte postale idéale est déjà dessinée dans notre tête : soleil, liberté, farniente, du temps pour soi, des moments précieux avec ceux qu'on aime.
Et pourtant, à peine arrivé(e), quelque chose résiste. L'esprit n'a jamais vraiment décroché. Parfois, c'est encore plus déroutant : on tombe malade dès les premiers jours, alors qu'on avait tenu bon pendant des semaines.
Pourquoi ce décalage ? Et surtout, comment en sortir ?

Pourquoi sommes nous stressé(e)s avant les vacances ?
Cela peut sembler étrange car nous nous apprêtons à vivre un moment attendu depuis des mois, et pourtant il arrive que nous nous sentions plus à fleur de peau, plus irritables, plus épuisé(e)s que d'habitude.
Alors, que se passe-t-il vraiment dans les jours qui précèdent le départ ?
Le travail qu'on veut absolument finir avant de partir
Les jours qui précèdent le départ pour les vacances estivales sont souvent parmi les plus intenses de l'année. On veut tout terminer, tout anticiper, ne rien laisser en suspens.
Imaginez cette dernière semaine : vous finissez vos dossiers en retard, vous répondez à des mails à 23h pour être tranquille, vous tentez de briefer vos collègues entre deux réunions. Le cerveau tourne à plein régime et le soir, vous vous endormez avec votre checklist des choses à ne pas oublier.
L'organisation des vacances qui s'ajoute à tout le reste
En parallèle, la logistique du départ s'empile sur cette fatigue de l'année déjà bien présente.
Entre les bagages, les réservations, les enfants, l'animal de compagnie, les achats de dernière minute, il y a de quoi être un peu sur les nerfs.
Et puis il y a tout ce qu'on n'avait pas prévu : le document qui manque au dernier moment, le retard à l'aéroport, la tension qui monte dans la voiture à cause des embouteillages.
Pour certains s'y ajoute la peur de l'avion, qui transforme le voyage lui-même en épreuve avant même l'arrivée.
Bref, difficile de passer du mode "urgence" au mode "vacances" en quelques heures.
C'est dans cet état-là, le corps tendu, l'esprit occupé à tout gérer, à tout bien vérifier, que vous montez dans la voiture, le train ou l'avion en vous disant : "Allez, maintenant c'est les vacances. Ouf, je vais enfin me reposer."
Mais votre système nerveux, lui, est encore pleinement en mode combat. Il n'a pas reçu le signal qu'il peut se reposer.
Pourquoi n'arrive t-on pas à décompresser en vacances ?
Comprendre le fonctionnement du système nerveux autonome
Le stress n'est pas uniquement une réaction face à une situation extérieure, c'est aussi un état interne qui permet de nous alerter, de prendre conscience rapidement d'un éventuel danger.
Ce signal de stress est transmis dans notre corps par l'intermédiaire du système nerveux autonome qui se charge de la régulation de votre état interne grâce à deux parties :
le système sympathique, celui de l'action et de l'urgence
le système parasympathique, celui du repos et de la récupération
Après des semaines de pression, c'est le premier qui a pris le dessus et il ne cède pas la place simplement parce que vous avez posé vos valises.
Du corps qui reste en alerte à l'esprit qui continue d'être en boucle
L'hyperactivation qui en résulte est autant physique que mentale. Les muscles restent contractés, la mâchoire serrée, la respiration reste thoracique même allongé(e) face à la mer. Et pendant ce temps, les pensées continuent de tourner.
C'est parce que le cerveau, libéré des tâches immédiates, se met à explorer sans cesse. Il revisite des conversations, anticipe le retour, rejoue des situations passées. Ne trouvant pas de vrai danger autour de lui, il en crée à partir de ce qu'il connaît : un mail peut être urgent, la porte qu'on n'est plus sûr d'avoir fermée à clé, les plantes qu'on a oublié d'arroser, la liste des fournitures scolaires à acheter au retour…
Ce phénomène porte un nom en neurosciences : le "mode par défaut" du cerveau.
C'est cette activité de fond qui s'active précisément quand on ne fait rien de précis. Et si le niveau de stress est encore élevé, cette agitation intérieure peut rapidement devenir envahissante.
On regarde le paysage, mais on n'est pas vraiment là. On est présent physiquement mais nos pensées sont ailleurs.
Ce n'est pas un manque de volonté, ni une question de caractère. C'est neurologique.
Cela explique beaucoup de choses que vous reconnaissez peut-être :
Ce besoin permanent de consulter son téléphone, comme pour vérifier qu'il ne se passe rien de grave
Cette irritabilité qui surgit pour des détails qui, en temps normal, ne vous affecteraient pas
Ce sentiment de culpabilité à "ne rien faire"
Ces nuits agitées malgré une fatigue physique réelle
Pourtant, tout est réuni objectivement : le cadre est beau, les proches sont là, vous avez du temps et de la liberté. Mais profiter de l'instant présent n'est pas une question de volonté. C'est le résultat d'un système nerveux apaisé. Et ça s'apprend.
Pourquoi tombe t-on malade en vacances ?
C'est sans doute le paradoxe le plus frustrant : tenir pendant des semaines, parfois des mois, sans jamais craquer puis s'effondrer physiquement au moment précis où l'on pourrait enfin souffler.
Ce paradoxe a un nom : le "leisure sickness", ou la maladie des vacances. Et il s'explique très précisément par le mécanisme du stress.
Pendant les périodes de forte pression, votre organisme produit massivement du cortisol.
Cette hormone joue un rôle méconnu mais puissant : elle agit comme un anti-inflammatoire naturel et maintient votre système immunitaire sous tension artificielle, vous permettant de tenir debout même quand votre corps voudrait se reposer. En d'autres termes, elle lui dit sans vous consulter que ce n'est vraiment pas le moment de tomber malade.
Dès que la pression retombe brusquement, le dernier mail envoyé, la porte du bureau fermée, le taux de cortisol chute. Votre système immunitaire, enfin libéré de cette contrainte, réagit à tous les signaux qu'il avait patiemment mis de côté : virus, inflammations, tensions accumulées dans le corps.
Votre corps ne vous trahit pas. Il attendait simplement le bon moment pour se régénérer
Quels sont les symptômes les plus fréquents ?
Rhume soudain
Maux de gorge
Migraine
Troubles digestifs
Fatigue importante
Autant de façons pour l'organisme de relâcher la pression qu'il avait emmagasinée semaine après semaine.
La bonne nouvelle : ce n'est que passager et on peut apprendre à réguler ce niveau de stress tout au long de l'année.
Combien de temps faut-il pour vraiment décompresser ?
Le repos ne se décrète pas. Il s'installe.
Les études sur le stress montrent qu'il faut en moyenne entre trois et cinq jours pour que le système nerveux commence à sortir de son état d'hyperactivation. Pas pour être complètement reposé, juste pour amorcer le relâchement.
Jours 1 à 3 : transition difficile: irritabilité, fatigue, pensées envahissantes, parfois maladie
Jours 4 à 7 : début du lâcher-prise, le corps commence à récupérer
Jours 8 à 14 : récupération plus profonde, retour du plaisir et de la présence à soi
Au-delà de 14 jours : bénéfices maximaux sur le plan mental et physique
C'est souvent à partir de la fin de la première semaine que le corps récupère vraiment.
Ce qui explique pourquoi une semaine peut sembler insuffisante : le temps de décompresser et il faut déjà repartir.
Comment lâcher prise pendant les vacances ?
Il ne s'agit pas de forcer le repos mais plus de créer les conditions pour qu'il puisse apparaître.
Avant le départ : amorcer la transition
Ralentir progressivement dans les jours qui précèdent, accepter de ne pas tout terminer, confier clairement à vos collègues ce que vous laissez derrière vous.
Si vous êtes doué(e) pour les checklist, c'est le moment de tout noter dessus et de rayer au fur et à mesure toutes ces tâches accomplies pour ne plus venir polluer vos vacances.
Ces gestes simples envoient un signal à votre système nerveux : la phase d'urgence est terminée.
Sur place : résister à l'envie de tout contrôler
Couper les notifications de votre téléphone, laisser du vide, des moments sans programme.
C'est inconfortable au début et c'est exactement là que la récupération commence.
L'ennui n'est pas du temps perdu. C'est biologiquement nécessaire.
Trois techniques anti-stress pour revenir à l'instant présent
1- La cohérence cardiaque : 5 minutes, 3 fois par jour
Cette technique agit directement sur le nerf vague, le chef d'orchestre de votre système nerveux parasympathique, celui qui active le mode "repos et sécurité".
Simple, efficace et praticable partout même en avion ou sur son transat.
Inspirez par le nez sur 5 secondes
Soufflez par la bouche sur 5 secondes
Poursuivez pendant 5 minutes
Pour un résultat optimal, pratiquez la 3 fois par jour : le matin, le midi et en fin de journée
2- Un exercice de sophrologie pour accueillir le moment présent
Cette pratique, vous pouvez la faire n'importe où que ce soit sur une terrasse, face à une fenêtre ouverte, au bord de l'eau, dès que vous sentez que votre esprit replonge dans ses pensées négatives alors que tout va bien.
Tenez-vous debout, les bras relâchés le long du corps, les paumes ouvertes vers l'avant.
Fermez les yeux. Penchez légèrement votre visage vers une source de lumière ou de chaleur.
Percevez cette chaleur sur votre peau. Imaginez qu'elle représente quelque chose de positif pour vous : la sérénité, la joie, la légèreté. Donnez lui le sens qui résonne en vous vraiment.
Puis :
Inspirez lentement par le nez, en ouvrant les bras sur les côtés et en les remontant au-dessus de votre tête, comme pour accueillir cette lumière dans vos paumes
Retenez brièvement votre respiration, et ramenez vos mains vers votre cœur comme si vous déposiez tout ce bien-être en vous
Expirez longuement par la bouche, en relâchant les bras le long du corps
Faites une courte pause pour accueillir et ressentir l'ensemble de vos sensations
Recommencez encore 2 fois
3- Le regard qui voyage pour calmer le nerf vague
Cet exercice est idéal lorsque l'on ressent de l'angoisse ou que notre humeur est altérée par le stress.
Placez un stylo ou votre index devant vous, à une distance confortable, là où votre vue reste nette et sans effort.
Inspirez lentement par le nez en posant votre regard sur votre stylo ou index
Expirez doucement par la bouche en laissant votre regard partir vers l'horizon comme un bateau au loin, un arbre, une montagne ou autre élément lointain
Ramenez votre regard à votre stylo ou index en inspirant.
Repartez vers l'horizon en soufflant par la bouche
Répétez ce va-et-vient plusieurs fois, sans forcer
Ce mouvement des yeux, synchronisé à votre souffle, envoie directement un signal de sécurité à votre nerf vague.
Et si les vacances ne suffisent plus à réduire le niveau de stress ?
Il arrive que, malgré le changement de rythme et de cadre, quelque chose ne se relâche pas vraiment. Que l'on rentre reposé(e) en surface, mais toujours tendu(e) en profondeur.
Que l'incapacité à profiter de l'instant présent ne soit pas que ponctuel, mais un état qui se répète vacances après vacances, week-end après week-end.
Lorsque le stress est installé depuis longtemps, les vacances ne suffisent parfois plus à rééquilibrer le système nerveux. Elles révèlent plutôt un besoin plus profond : celui d'agir à la racine.
C'est précisément là qu'interviennent la sophrologie et l'hypnose. Ces approches permettent de travailler directement avec le système nerveux, d'apaiser les réponses automatiques, de transformer les croyances profondes autour du repos, de la performance et de sa valeur personnelle afin de retrouver progressivement cette capacité à être là, pleinement, dans l'instant.
Parce que profiter de la vie vraiment et pleinement, ce n'est pas un luxe réservé à certaines personnes. C'est une capacité qui peut se retrouver, se cultiver, et redevenir naturelle.
Comme un enfant qui s'amuse à faire des châteaux de sable, à sauter dans les vagues et à profiter de l'instant présent avec insouciance et légèreté
En résumé
Le stress en vacances n'est pas un échec personnel. C'est une continuité, celle d'un corps qui a appris à rester en alerte, et qui a besoin de temps et d'accompagnement pour revenir au calme.
Comprendre ce mécanisme, c'est déjà commencer à en sortir
Le stress commence avant le départ, avec la pression des préparatifs
Votre système nerveux reste en mode alerte même quand vous changez de décor
Même quand tout va bien objectivement, le cerveau peut continuer à s'agiter
Tomber malade en vacances est un phénomène documenté, lié à la chute brutale du cortisol
Il faut 3 à 5 jours pour amorcer une vraie décompression physiologique
Des techniques simples de sophrologie permettent de revenir à l'instant présent, partout et à tout moment
Si le stress est chronique, un accompagnement en sophrologie ou en hypnose agit en profondeur là où les vacances seules ne suffisent plus
Vous souhaitez aborder vos prochaines vacances autrement et vraiment en profiter ?
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Sandra Bois, Hypnothérapeute & Sophrologue à Issy-les-Moulineaux (92130) Proche Paris 15, Boulogne-Billancourt, Vanves, Clamart


